Monthly Archives: juin 2015

Réflexions autour des robots

Qu’est-ce qu’un robot? Pourquoi le fabrique-t-on? Qui le conçoit?

Dans Au coeur des robots, Maw Aguilera Hellweg parcourt le monde pour photographier un panel des intelligences artificielles conçues par les génies de ce siècle. Il n’y a donc pas un mais plusieurs robots.

La variété des propositions découle évidemment de multiples volontés à faire robot, de l’engagement d’un certain nombre d’intéressés. L’industrie robotique favorise, en outre, les recherches qui se présentent comme l’évolution des technologies qu’elle vend et dont elle dépend. Par industrie robotique, comprenons les industries informatiques et des télécommunications. En dernier lieu, l’Etat représenté par des groupes de recherches comme la Nasa, le CNRS forment et dotent les roboticiens.

Si l’anatomie robotique diverge, elle se calque sur le modèle humain, le corps et l’esprit humains pour deux raisons: l’homme est d’abord un repère pour lui-même. Il copie la Nature et s’auto-portraiture pour s’inspirer des mécanismes qui fonctionnent. Le monde et lui-même sont ce qu’il connaît le mieux. Par ailleurs, c’est un double, un jumeau que l’homme façonne de sorte que cet autre s’intègre plus aisément avec la société des hommes. La différence entre les hommes, si elle participe à l’équilibre de l’humanité, réveille pourtant d’emblée une méfiance que les roboticiens ne trouvent guère à leur avantage pour l’insertion sociale de leur technologie.

Hiroshi Ishiguro pousse la ressemblance à l’extrême avec le Géminoid. Autoportrait robotique et sculptural, le Geminoid intègre les micro-expressions de son auteur qui observe avec stupeur, le temps faisant, son propre corps vieillir et s’éloigner de la vision idéale de lui-même qu’il a figé dans son oeuvre. Le savant passe donc à la chirurgie esthétique comme un tableau que l’on retouche sans pouvoir retrouver l’esthétique fugitive d’un Dorian Gray mécanisé. Le robot n’est donc pas seulement utilitaire. Il est aussi miroir, création d’un soi perfectible, symptôme de la vanité.

La jumelée n’est cependant pas uniquement motivée par l’insertion des robots dans la société et la problématique de l’ego. Si le robot apparaît comme un substitut de l’ouvrier, il est plus largement le substitut de l’Homme. Cet homme qui ne trouve aucune vertu à mourir. La volonté de se soustraire à cette finalité se manifeste dans la science et plus précisément dans la médecine qui répare le corps en remplaçant les pièces cassées. On comprend logiquement l’intérêt des prothèses, des pacemakers pour la longévité de l’espèce. Et la technologie exponentielle, cette technologie qui multiplie les trouvailles et accélère le progrès, est missionnaire de l’immortalité. Mais l’homme reste-il un homme lorsqu’il doit sa survie à la parure technologique? Doit-on guérir de la mort?

Et qu’en est-il des man files? Ces données regroupant l’activité sur réseaux d’un individu qui pourraient permettre de rassembler ses souvenirs et de les intégrer à un robot jumeau? Suffisent-ils à faire un homme?

On saisit les raisons d’un intérêt scientifique et industriel croissant pour les recherches neurologiques: comprendre le cerveau, la perception sensitive et cognitive c’est, au bout du compte, être capable de le reproduire et d’élaborer une intelligente post-humaine.

Pour autant, et puisque la technologie est exponentielle – dixit Kuzweil – la question du robot n’est pas posée. De même que celle du Progrès qui découle directement, pour incarner son plus valable argument, de l’ère industrielle anthropocène. La population n’entrevoit que les balbutiements de la robotique en riant devant la rigidité mécanique de ces corps métalliques. Elle n’est pas informée des avancées technologiques auxquelles elle est et sera, bon gré, mal gré, soumise. Les scientifiques se défendent régulièrement de la mauvaise image de la robotique renvoyée par la science-fiction littéraire et cinématographique. Ils ne prennent pas pour autant le contre-pied pour ouvrir le débat.

Je ne trouve d’ailleurs aucune traduction française des textes de Ronald Arkin, d‘Hiroshi Ishiguro. Quand bien même la science-fiction remplit les salles de cinéma et prouve l’intérêt de chacun pour la question du robot, celle-ci n’entre ni dans l’hémicycle ni dans la bibliothèque.

Alors que la question de l’euthanasie est au centre d’un éternel débat, celle de l’immortalité demeure au temple des solutions contre la vanité humaine. Mais de quelle vanité parle-t-on? Celle de mourir ou d’être éternel?

L’envers du décor

Bienvenue!

Ce blog est conçu pour rapporter les étapes du processus créatif de mes travaux. Une coulisse derrière le rideau. L’envers du décor.

Je posterai des photos prises sur le vif des tournages, pendant la fabrication des décors, etc.

Si je tiens à rendre compte des étapes de fabrication, c’est pour relater ces histoires, ces anecdotes qui participent à la création d’une oeuvre. Car si je pars résolument avec des idées en tête lorsque je programme une session de travail, les comédiens apportent l’imprévisible, le don précieux du fugitif qui créé le moment.

Ce moment ne se résume pas à une image. Il se déploie dans une somme de rafales contrôlées, de séquences saccadées. Il imprime un temps invivable, trop lent pour exister. Il est en lui-même un souvenir. C’est dans ce souvenir du moment qui n’a pas tout à fait existé que je trouve tout l’intérêt de la pixilation.

 

J’ajouterai également, égarée sur les lignes tremblées de mes dessins, quelques visuels et interrogations autour de mes petites animations sur papier.

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Enfin, je ne pourrai sans doute pas m’empêcher de vous livrer quelques exaltations musicales, références littéraires et questionnements artistiques, politiques et sociales qui, chaque jour, nourrissent l’imaginaire.

 

Au programme des prochains mois à : l’élaboration du prochain clip de Tango Kashmir, un stop motion réalisé sur la Petite Ceinture. En outre, vous pouvez voir sur mon site les deux premières séquences des Elégies, monologues écrits et filmés par mes soins dont je poursuis actuellement la réalisation. Viennent également les fruits de ma collaboration avec Vincent Corpet, des pixilations tournées au Louvre et à son atelier. Enfin, il y a toujours Les Rêves, long projet dont vous pourrez suivre l’élaboration et qui s’est trouvé un petit frère, un court-métrage sur la Synesthésie.

Je vous remercie de partager avec moi ces moments!

Laet